Intégrer l’équité aux stratégies de plantation d’arbres de la région de Peel

Photo gracieuseté de Credit Valley Conservation.

Contexte

La région de Peel a intégré les questions d’équité sociale et de climat dans sa stratégie de plantation d’arbres et a mis au point un outil permettant de classer par ordre de priorité les zones où planter des arbres. 

Avec une population de 1,4 million d’habitants, la région de Peel est une région en pleine expansion située à l’ouest de Toronto, qui comprend les villes de Mississauga et de Brampton, ainsi que la ville de Caledon.  

« Compte tenu du développement et de la croissance que va connaître cette région, divers partenaires ont travaillés ensembles pour mettre au point des outils et des politiques visant à protéger de à ameriorer le couvert arborescent dans nos communautés », explique Mark Pajot, conseiller en matière de changement climatique, Services généraux, Région de Peel. « Nous voulions nous assurer que ces politiques tiennent compte des nombreux avantages que peuvent procurer les arbres et trouver des synergies entre les diverses priorités des différents départements et organismes de la région. »

Processus

Une équipe de projet multidisciplinaire a été mise sur pied, comprenant des employés de plusieurs départements de la région de Peel et des deux organismes de conservation de la nature – l’Office de protection de la nature de la région de Toronto (TRCA) et Credit Valley Conservation (CVC).  Pendant deux ans, cette équipe a recensé huit bienfaits globaux reliés à la plantation d’arbres tels que la réduction de l’effet d’îlot de chaleur urbain, et les a classifiés sous trois thèmes de durabilité : environnemental, économique et social.  

« Le département d’aménagement urbain a rassemblé les autorités de la conservation de la nature, les municipalités locales, les professionnels de la santé publique, les forestiers et les urbanistes afin d’identifier les priorités respectives de chaque groupe et les critères à retenir pour décider où le besoin d’arbres se fait le plus sentir», explique Mark. « Il fallait ternir compte d’une multitude de priorités en matière d’environnement, de santé publique et de société. Par exemple, nous voulions rafraîchir les îlots de chaleur urbains pour protéger les gens contre la hausse des températures, et nous voulions réduire les inégalités en matière de santé en veillant à ce que les quartiers à faible revenu, qui manquent de couvert arborescent et d’espaces verts, jouissent d’une plus grande densité d’arbres. »  

Après avoir examiné les preuves scientifiques et consulté les experts, les membres de l’équipe ont identifié les sources de données permettant de quantifier les différents avantages et la pondération à accorder à chacun d’entre eux.  Cette carte interactive est devenue l’outil permettant de classer par ordre de priorité les secteur où des arbres seraient plantés.

Résultats

L’outil permet de déterminer les secteurs de Peel qui devraient être mis en priorité pour la plantation d’arbres en tenant compte d’un large éventail d’objectifs en matière de gestion (p. ex. l’augmentation de l’habitat pour la faune) et d’avantages pour la collectivité (p. ex. l’amélioration de la qualité de l’air). Maintenu par le Centre de données de Peel, l’outil peut être utilisé par la Région, les municipalités locales et les autorités de conservation de la nature pour déterminer les endroits où les arbres seront plantés et le mode d’attribution des fonds.

« À titre d’exemple, cet outil nous a aidés à élaborer une carte détaillée de Peel qui identifie les quartiers particulièrement vulnérables aux chaleurs extrêmes. La vulnérabilité dépend de facteurs socio-économiques tels que l’âge et le revenu, la température de la surface du sol (les surfaces gazonnées et ombragées sont plus fraîches que les surfaces asphaltées) et la capacité d’adaptation de chaque quartier (l’accès à des piscines communautaires ou à des centres de rafraîchissement permet aux gens de réduire leur exposition à la chaleur) », déclare Meaghan Eastwood, chercheuse scientifique principale, Sciences des écosystèmes et du climat, au TRCA. « La combinaison des ensembles de données pour ces différents indicateurs nous permet de produire un indice de vulnérabilité pour chaque quartier. Les quartiers ayant le score le plus élevé peuvent alors être calssés prioritaire pour la plantation d’arbres, car nous savons que les arbres matures peuvent réduire les températures ambiantes locales. » 

« Bien que nous n’en soyons qu’aux premières étapes d’une stratégie de plantation d’arbres ciblée, nous avons bon espoir de pouvoir accroître la résilience des quartiers en faisant croître la forêt urbaine et en diminuant les risques pour la santé associés aux épisodes de chaleur extrême », déclare Meaghan

Heather Hewitt, urbaniste de la région de Peel, se montre optimiste quant à la mise en pratique de cet outil en pratique. « À l’avenir, nous prévoyons utiliser l’outil, et les leçons qui en découlent, pour nous assurer que les nouveaux développements accordent priorité à l’accès aux arbres, aux parcs et aux espaces verts. »

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